Hôpital Foch : faire plus avec moins de moyens
La réunion qui s'est tenue hier soir à Suresnes sur le devenir de l'hôpital Foch a attiré près de 200 personnes. Parmi elles, Michèle Canet, présidente du groupe socialiste au conseil général, Marie-Laure Meyer, conseillère régionale, Jacqueline Fraysse, députée et Michel Duez, adjoint au maire de Puteaux. Patrick Pelloux, médecin urgentiste, était également présent.
Le débat a notamment porté sur le déficit de l'hôpital 19 millions d'euros sur l'exercice 2005 (dû en grande partie au désengagement financier de l’Etat, dont la dette s’élève à 15 millions d’euros) et sur le nouveau mode de financement des hôpitaux qui assoit les dotations sur les recettes dégagées par l'établissement et non plus sur les prestations effectuées (tarification "à l'activité").
L'hôpital se trouve ainsi confronté à une situation insoutenable : en tant qu'établissement privé, il doit, lui, honorer ses dettes et comme son principal débiteur (l'Etat) ne paie pas, il se voit dans l'obligation de licencier du personnel (260 emplois menacés). Parallèlement, il doit accroître son activité (une "augmentation de la productivité" de 12% est attendue d'ici 2007).
Faire plus avec moins de personnels : voilà en bref ce que l'on demande aux équipes soignantes. Quant à la qualité de l'accueil et des soins, cela risque de passer par profits et pertes. Ce n'est pas notre conception du service public.
Lire le voeu formulé par le groupe socialiste au conseil général lors de la séance publique du 21 octobre 2005
Fiche technique : Pourquoi une telle situation financière ?
L'Hôpital Foch est le plus important établissement privé français à but non lucratif participant au service public en Ile-de-France.
- Son activité couvre la quasi-totalité du champ médical et chirurgical, de l'accueil des urgences aux transplantations d'organes, en passant par la maternité, grâce à des équipes performantes et à un plateau technique de haut niveau, incluant un bloc opératoire de 14 salles.
- Chaque année, ce sont 260 000 personnes qui viennent se faire traiter dans cet hôpital, 27 000 qui s’y font opérer, et 2 400 femmes qui viennent y accoucher.
- Son bassin de vie touche non seulement Suresnes et les villes limitrophes du département (55% des séjours hospitaliers concernent les habitants des Hauts-de-seine), mais concerne aussi des personnes venant d’autres départements et régions.
Pourtant, ce formidable instrument de santé publique est en danger : un déficit de 19 millions d’euros a été enregistré sur l’exercice 2005, dû en grande partie au désengagement financier de l’Etat, dont la dette s’élève à 15 millions d’euros (8 millions dus aux avenants salariaux et 7 millions dus au différentiel de charges avec le public).
- En 2003, l’administration de tutelle, par la voix de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation (ARH), n’a pas honoré les avenants pourtant agréés contrat d’objectifs et de moyens 2001/2005. Pour l’hôpital, ce retrait de l’Etat s’est traduit en 2003 par une perte chiffrée à 10,5 millions d’euros, dont 6 millions reconductibles pour 2004
- L’hôpital s’est engagé depuis 1999 dans une rénovation architecturale du fait du retard pris dans sa mise en conformité de sécurité.
- L’administration centrale n’a répondu que très tardivement (2005) aux demandes de financements des investissements de rénovation des infrastructures, alors que le contrat d’objectifs et de moyens 2001/2005 avait statué la poursuite des travaux de rénovation. Entre temps, le déficit s’est amplifié.
Parallèlement, une augmentation de la productivité de 12% d’ici 2007 est attendue, compte tenu des prévisions d’activité et de la montée en charge progressive de la tarification « à l’activité » .
Ces choix budgétaires et sociaux placent donc l’hôpital Foch dans la situation suivante : faire plus (+12% d’activité d’ici à 2007) avec moins de moyens humains (-15% des effectifs de l’hôpital), ce qui paraît difficile…
D’autre part, comment l’externalisation de l’hôtellerie et de la restauration et leur gestion par des entreprises privées (risquant de porter atteinte à la qualité de l’accueil et des soins et d’accroître les risques de maladies nosocomiales) peuvent-elles permettre d’effectuer des économies ?
C’est de moyens nouveaux dont l’hôpital Foch a besoin, et pour cela, le remboursement des dettes de l’Etat est un préalable.
l’externalisation de l’hôtellerie et de la restauration et leur gestion par des entreprises privées est pour moi une solution a regarder de près. En effet, Sodexo, Sogeres disposent d'une puissance d'achat mille fois plus importante qu'un hôpital tout seul.
Les gains obtenus dans les achats doivent permettre de réduire le coût de la restauration. Les grands groupes l'ont bien compris.
Prennez la tour de la Société Générale à la Défense. La direction a confié la restauration à 2 sociétés privées localisées toutes les deux au -1 de la tour. C'est la cours permanente à la qualité entre les 2 restaurants. Sachez que si vous souhaitez déguster des huitres, du foie gras, du homard, c'est là qu'il faut venir et tout cela pour un prix entre 5 à 7 € pour le client... Qui fait mieux ?
Il y en a marre de montrer les entreprises privées comme « le coté sombre de la force » ... J'ai déjà été hospitalisé dans un hôpital public : La bouffe y est DEGUEULASSE. La preuve dans certains CHU, les plateaux repas des patients et ceux du personnel Hospitalier viennent de 2 cuisines séparées. SI SI , j’ai même la liste !
Lancez un audit des dépenses de l'Hôpital, il y a des trucs qui ne fonctionnent pas.
Tient, prenons le cas des urgences, thèmes qui devrait plaire à Patrick Pelloux, médecin urgentiste.
Trouvez-vous normal que le service des urgences soit le point d'entrée unique pour les patients même pour une angine ou une température un peu élevée. On peut y venir le week-end au lieu de prendre un rendez-vous avec son médecin en semaine, on y va à la fin du film le soir (pic constaté le soir) et surtout on ne paie pas la consultation…
Les médecins de ville, en ne souhaitant plus assurer leur rôle et en ne souhaitant plus assurer de permanences, reportent le problème sur les urgences qui sont fait au départ pour soigner les vrais urgences. Effet direct : Suractivité permanente aux urgences et les coûts qui s’envolent.
Rédigé par: Labouille | vendredi 04 novembre 2005 at 14h09
Je ne suis pas a priori opposée à l'externalisation de l'hôtellerie et de la restauration mais cela ne changerait rien à la situation. Ces services devraient de toute façon être payés.
On compte donc sur la suppression d'emplois, car c'est ce qui coûte le plus cher à l'hôpital.
Les urgences, c'est encore un autre problème. Il existe des cabinets médicaux où des médecins assurent une présence permanente par roulement. Avec des mesures incitatives permettant à ce type de cabinets de se multiplier, on pourrait largement désengorger les urgences.
PS L'externalisation n'est pas forcément synonyme d'amélioration. Voir les établissements scolaires, par exemple. Dans les écoles où la cuisine est faite sur place c'est plutôt bon, dans les collèges où ça arrive de l'extérieur, ça l'est nettement moins.
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Rédigé par: Nadine Jeanne | vendredi 04 novembre 2005 at 20h29
Concernant la Qualité, je crois que nous sommes d'accord Nadine : Que ce service soit PUBLIC ou PRIVE, il n'y a pas de différence : Cela dépend juste de la passion des personnes qui font la cuisine dont dépend la qualité.
Je vous invite quand vous le souhaitez à déjeuner au restaurant tenu par la SOGERES au parc technologique de Biocitech à Romainville (www.biocitech.com). Attention, vous allez prendre des kilos et pour un repas compris entre 5 et 7 euros...
Privatisation, ne veut pas forcément être synonyme de suppression d'emploi et bien au contraire. Je vous donne un exemple qui devrait vous convaincre et vous faire sourire :
Je vois une très belle application au restaurant de l'hôpital s'il passait dans le secteur privé : Il pourrait proposer des services qui sont ouverts aux appels d'offre comme par exemple le marché de TRAITEUR à la Mairie de Puteaux. Et là vous ne démentirait pas, vu la taille des banquets et le prix par convive, vous les sauvez sans aucun problème ces emplois. Et en passant, je les trouverais plus acceptable s'ils permettaient en même temps de sauver des emplois sur notre territoire.
Il y a aussi les repas des personnes agées isolées chez elle. Cette prestation leur permettrait de les aider à repousser l'arrivée dans une maison de retraite qui coûte si cher à la collectivité... (Comparer le coût d'un repas livrer à domicile et le coût d'une journée dans ce type de maison). Et là je voie bien une partie prise en charge par un organisme à définir pour les personnes de plus de 80 ans par exemple.
Cela pourrait même être une idée dans le programme du futur Maire de Puteaux : Développer une ECONOMIE SOCIALE.
Rédigé par: Labouille | dimanche 06 novembre 2005 at 10h57
Voici une liste que j'ai trouvé des hôpitaux qui ont déjà confié leur restauration au secteur privé :
– Institut Curie, Paris (75)
- Institut Gustave Roussy à Villejuif (IDF)
– Clinique de la Châtaigneraie, Beaumont (63)
– Clinique du Millénaire, Montpellier (34)
– Polyclinique du Grand Sud, Nîmes (30)
– Clinique Tonquin, Lyon (69)
– Centre cardiologique et Thoracique, Monaco
– Hopital Américain, Neuilly (92)
Et il y en a d'autres. Le mouvement est en marche. Les gains financiers sont impressionnants. C'est cà de moins dans le trou de la sécu !
Rédigé par: Prive_Public_main_dans_la_main | samedi 12 novembre 2005 at 16h31