Pourquoi des jeunes s'enfuient-ils lorsqu'ils voient des policiers alors qu'ils n'ont rien à ne se reprocher ? Pourquoi un ministre de l'intérieur laisse-t-il entendre que ce sont forcément des voyous ? Pourquoi pratique-t-il en permanence la surenchère verbale et la provocation ?
Les événements récents qui ont endeuillé puis embrasé la banlieue parisienne font remonter ces questions à la surface. Où en est-on dans les banlieues ou plus exactement dans les zones urbaines sensibles (ZUS) ?
Dès 2002, on supprime la police de proximité -mise en place par le gouvernement Jospin- alors que commençait à s'établir une relation de confiance entre les habitants et la police, on met en sommeil les contrats locaux de sécurité qui réunissaient tous les acteurs de terrain (élus, policiers, éducateurs, assistants sociaux...), on réduit de manière drastique les subventions aux associations ... alors que, pendant ce temps, le chômage repart à la hausse et touche en moyenne 20% des habitants de ces quartiers.
La Droite qui s'était présentée lors des présidentielles comme le champion de la lutte contre l'"insécurité" n'a fait depuis qu'aggraver la situation. Et si on a fait reculer la délinquance, c'est seulement dans les "beaux quartiers" à coups de vidéosurveillance et de rafles policières. Histoire de la déplacer un peu plus loin, dans les banlieues par exemple qui n'avaient pas besoin de ça...
Les discours à l'emporte-pièce du ministre de l'Intérieur ne sauraient remplacer les actes. Or les actes, les habitants des cités les attendent toujours et ils en ont assez. Ils en ont assez des amalgames -tous les jeunes ne sont pas des voyous-, ils en ont assez que les vrais délinquants qui pourrissent la vie de leur cité ne soient pas arrêtés et punis comme il se doit, ils en ont assez que les promesses du gouvernement notamment en matière d'emploi ne soient pas suivies d'effets ...
Avec eux, nous attendons de l'Etat une politique ferme et responsable.
- Assurer une vraie présence de l'Etat dans tous les quartiers (pas seulement de la police mais aussi de tous les autres services),
- Sanctionner les vrais délinquants et les éduquer avant de les relâcher,
- Donner de vraies chances à tous les enfants des cités,
- Faire confiance aux citoyens qui y vivent (les "grands frères", les femmes...) qui maintiennent et développent l'entraide et le lien social, -eux connaissent les problèmes et sont les mieux à même de les gérer-,
- Lutter contre les discriminations à l'embauche et au logement ...
Les problèmes ne se règlent pas à coups de petites phrases largement médiatisées où le désir de se faire de la publicité l'emporte sur le devoir de servir l'intérêt général. Ils se règlent grâce à une action ferme, concertée et menée dans le respect mutuel.
A lire également sur ce blog Sécurité : le temps du bilan et Sarkozy redécouvre les banlieues ; sur le site PS notre dossier Sécurité et le bilan de la législature Jospin
"Clichy", trop fort , trop vite, trop loin, comme souvent, pour justifier sa politique sarkozy s'est employé à parler vite pour coller à l'évènement , au risque de là peu près et de la bavure verbale.
S'agit-il d'une stratégie politique? un coup de barre à gauche, un coup de barre à la droite de la droite, il souhaite "ratisser" large, trop large à mon goût, il fait monter l'extrême droite en puissance, il sait que sa politique est inefficace... il attise les rancoeurs et les haines....
Rédigé par : chouchou | jeudi 03 novembre 2005 à 15h23
"Pourquoi des jeunes s'enfuient-ils lorsqu'ils voient des policiers alors qu'ils n'ont rien à ne se reprocher ?"
Ah oui, tiens, pourquoi ?
Peut-être parce qu'il y a une erreur dans la question ?
Houlala, évidemment non, ce serait politiquement incorrect...
C'étaient sûrement des "jeunes" qui allaient à la cueillette aux champignons...
Rédigé par : CPM | vendredi 04 novembre 2005 à 15h35
Comme vous le savez, la rumeur selon laquelle ils étaient en train de perpétrer un cambriolage s'est avérée fausse et a encore mis un peu plus le feu aux poudres. Le ministre de l'Intérieur aurait dû mieux se renseigner avant de s'en emparer et de la divulguer. Ces jeunes venaient de faire un match de foot. Je vois dans leur fuite le signe d'une défiance vis-à-vis de la police et je souligne simplement qu'avec la police de proximité, cette défiance avait reculé. Aujourd'hui, et n'habitant pas dans une ZUS, je m'explique mal que l'on puisse avoir assez peur de la police pour aller se réfugier dans un transformateur. Mais, une fois écartée la rumeur d'un délit, que reste-t-il sinon cette hypothèse ?
Rédigé par : Nadine Jeanne | vendredi 04 novembre 2005 à 20h07
ZUS Zone Urbaine Sensible ? Sensible par rapport à quoi ? a qui ?
pourquoi pas quartiers populaires ?
Rédigé par : germinal | samedi 05 novembre 2005 à 17h10
Pour ce qui concerne le ZUS, Nadine plus à même que moi, complètera fort bien mes propos.
J'ai pour exemple sur ma ville, le classement de deux cités en zone urbaine sensible, même si je ne sais pas bien le pourquoi du comment... je sais que c'est grace ou à cause de ce classement, que la commune peut bénéficier de l'ANRU, des dotations de l'Etat dans le cadre de la loi solidarité urbaine. Ce qui permet la reconstruction de la ville sur la ville et je peux vous dire que c'est très important, c'est long, c'est vrai mais le changement d'image de ces quartiers sont fondamentaux et les habitants beaucoup plus heureux de vivre dans un environnement sain et non dégradé..
Rédigé par : chouchou | dimanche 06 novembre 2005 à 11h32
Tous les quartiers populaires ne sont pas classés en ZUS : cela dépend du taux de chômage, du revenu moyen des habitants, des statistiques de la délinquance ... Etre classé en ZUS permet d'avoir des moyens supplémentaires.
Pour les établissements scolaires classés en ZEP (zone d'éducation prioritaire), c'est la même chose: moins d'élèves dans les classes, plus de surveillants...
Rédigé par : Nadine Jeanne | mardi 08 novembre 2005 à 21h41
bonjour
madame nadine jeanne nous tient un double langage: elle prone d'un coté le droit a la sécurité pour tous et d'un autre, dans sa propre ville, refuse à la police un outil; la vidéo, pour pouvoir le faire appliquer! Cet outil permet à la police d'intervenir en cours d'agression, et non d'attendre qu'un passant bien intentionné daigne sortir son portable (s'il en a un) pour alerter les forces de l'ordre. Cet outil est réclamé par toutes les polices de la planete mais les socialistes de puteaux estiment que la sécurité ne vaut pas le prix de l'installation de ces vidéos...
sidtraz
Rédigé par : sidtraz | jeudi 10 novembre 2005 à 19h04
Nous n'avons pas - et vous le savez très bien- d'opposition de principe à l'installation de caméras de vidéosurveillance là où cet outil est efficace (parkings, passages souterrains ...). Sinon à moins que l'agresseur ait la bonté d'agresser quelqu'un sous l'oeil des caméras, ces coûteux outils ne serviront pas à grand chose sinon à faire croire que l'on s'occupe de la sécurité.
Ce que réclament aujourd'hui les policiers, ce ne sont pas des caméras de vidéosurveillance mais au contraire le rétablissement de la police de proximité. L'heure n'est plus aux querelles stériles mais à la recherche de moyens efficaces pour assurer notre sécurité à tous sur tout le territoire. Cela passe par la répression certes mais aussi par la prévention et par les perspectives que nous pourrons offrir aux jeunes qu'ils vivent dans les banlieues ou ailleurs.
Rédigé par : Nadine Jeanne | vendredi 11 novembre 2005 à 09h41
Madame Jeanne
tout d'abord merci de ne pas avoir censuré ma remarque!
les faits sont malheureusement la: vous avez voté contre (sauf erreur de ma part).
les vidéo rendent d'immenses services, et pas seulement à londres ou elles ont permis d'enrayer l'offensive terroriste, elles ont permis d'identifier un certains nombre de délinquants, et d'assassins présumés (l'affaire d'epinay).
la vidéo est un outil moderne, couplée avec, en effet, une police de proximité, elle permet de rehausser le niveau de sécurité de chacun d'entre nous!!!
voila pourquoi nous comprenons mal votre rejet de ce projet!
merci de votre attention
sidtraz
Rédigé par : sidtraz | vendredi 11 novembre 2005 à 12h35
Je m'oppose au projet présenté par la municipalité qui est totalement disproportionné. Le nombre de caméras prévu est nettement supérieur à celui de la ville de Colombes pourtant plus vaste et qui s'estime bien "couverte" avec ses 47 caméras.
Que se passe-t-il donc à Puteaux pour justifier une telle inflation de moyens vidéo : 101 caméras dans un premier temps avec une possibilité d'extension jusqu'à 350 caméras ?
Je vous renvoie à l'article paru sur le site PS
http://www.ps-puteaux.com/actualite/0208/videosurveillance.htm
De plus, je ne crois pas aux approches uniquement locales : pour ce problème de sécurité, il faut des réponses d'ensemble. On ne peut se contenter de sur-surveiller quelques points du territoire et de laisser l'Etat absent des autres territoires. Un jour ou l'autre, ces territoires prétendument protégés seraient touchés. Il nous faudra participer à l'effort collectif si nous souhaitons vraiment que la situation s'améliore.
Rédigé par : Nadine Jeanne | samedi 12 novembre 2005 à 12h54