Après "Les enfants du pays" de Pierre Javaux qui évoquait l'histoire d'une patrouille de 5 tirailleurs sénégalais perdus dans l'immense forêt des Ardennes en mai 1940, voici le film "Indigènes" de Rachid Bouchareb, qui a reçu hier à Cannes le prix d’interprétation masculine pour ses cinq acteurs "Premier rôle", Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan. Deux films avec à chaque fois la même ambition, redonner une place dans la mémoire collective aux tirailleurs africains.
Dans Indigènes, les soldats sont unis, tout au long du film, par le hasard de l’affectation militaire, qui les a tous versés, engagés volontaires de 1940, dans le 7ème RTA, septième Régiment de Tirailleurs Algériens.
Ils sont des enfants du bled, ils ont été élevés en Algérie dans les années 1930 dans une société inégalitaire, où les "indigènes" n’étaient pas des citoyens français comme les autres. Mais à l’heure où la patrie souffre, à l’heure où elle est envahie, que peuvent bien faire ces différences... Tout soldat est bon à prendre.
A partir de leur aventure, sur la trame de leur héroïsme qui rendra à la France, dès le débarquement des alliés en Italie, une place à la table des vainqueurs, Rachid Bouchareb réalise une magnifique fresque qui accompagne leurs combats et raconte, sans exagération pédagogique et sans effet de pathos, leurs difficultés, leurs désillusions, et toujours leur courage et leur droiture. (Lire la suite sur Afrik.com)
Sortie en salles le 27 septembre 2006
N’étaient que son ambition artistique et industrielle (un vrai "film de guerre", avec le budget correspondant) et son casting emblématique (Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Samy Nacéri et Roschdy Zem, soit les quatre comédiens "beurs" les plus connus et reconnus du cinéma français) Indigènes de Rachid Bouchareb s’annoncerait déjà comme l’un des événements cinématographiques de l’année 2006, estime l'équipe de "zéro de conduite" (cinéma et pédagogie).
Mais les enjeux de ce film semblent devoir échapper au périmètre des salles obscures, conformément d’ailleurs à l’ambition de Rachid Bouchareb : redonner une place dans la mémoire collective aux tirailleurs africains (en montrant leur participation héroïque aux combats de la Libération), c’est aussi réconcilier une partie de la jeunesse française avec l’histoire, la sienne et celle de son pays. Comme le résume très bien le comédien Jamel Debbouze, qui a fait de ce film et de son sujet un enjeu personnel (voir un article d’Altérités.org sur l'engagement du comédien) il ne s’agit de rien de moins que d’expliquer aux jeunes issus de l’immigration "qu’ils ne sont pas là par hasard". (Lire la suite sur Zéro de conduite)
A voir également "Camp de Thiaroye" le film dérangeant d'Ousmane Sembene (disponible en DVD) qui raconte le massacre de tirailleurs sénégalais par l'armée française en 1944. (1988 - Sénégal)
Cet article a été référencé sur LePolitoscope.net
Rédigé par : Le Politoscope | lundi 29 mai 2006 à 11h44