Vendredi dernier, la séance du Conseil général, présidée en l'absence de Nicolas Sarkozy par Jacques Gautier, a été particulièrement agitée. La polémique a éclaté à propos d'un projet de démolition/reconstruction financé par l'ANRU (agence nationale de rénovation urbaine) à Antony. Théoriquement, la reconstruction doit précéder la démolition : ce n'est pas le cas dans ce projet. Les locataires sont relogés dans l'existant à Antony ou ailleurs, ce qui diminue d'autant les places pour tous ceux qui sont en attente d'un logement social (environ 75.000 demandeurs dans les Hauts-de-Seine).
Jacques Bourgoin, maire communiste de Gennevilliers a dénoncé vivement cette situation dans une ville où l'on compte moins de 20% de logements sociaux. Il s'est attiré les foudres de Jean-Paul Dova maire-adjoint d'Antony puis de Patrick Devedjian, député de cette circonscription, qui se moquait de ses 63 % de logements sociaux et déclarait imprudemment que dès que l'UMP s'intéressait à une ville communiste celle-ci passait à droite. Michèle Canet, présidente du groupe socialiste, lui a alors rappelé que lorsqu'il s'était intéressé à Bourg-la-Reine, la ville avait voté majoritairement à gauche (élections législatives partielles d'octobre 2005).
La polémique s'est amplifiée à propos de la création d'un établissement public foncier départemental dans les Hauts-de-Seine. Le groupe socialiste du Conseil général des Hauts-de-Seine a d'abord regretté que l’Etat n’ait pas donné suite à la demande de la Région portant sur la création d’un établissement public foncier régional dont le périmètre d’intervention aurait dû couvrir l’ensemble des huit départements d’Ile de France. Puis, le groupe socialiste a conditionné son vote à l'adoption par l'assemblée départementale d' un amendement (voir ci-dessous) par lequel la droite s'engageait à créer cet établissement dans le but prioritaire de développer le logement social. Cet amendement a bien sûr été refusé par la droite.
Photo : Michèle Canet (Présidente du groupe socialiste) et Pascal Buchet rédigeant le communiqué final (Voir ci-dessous)
Amendement déposé par le groupe socialiste
L’ article 1 est modifié ainsi :
Un avis favorable est donné au projet de décret portant création de l’établissement public foncier des Hauts-de-Seine sous réserve qu’une convention soit signée entre l’établissement public foncier régional et l’établissement public foncier départemental qui définisse le logement social comme l’objectif prioritaire de l’établissement foncier départemental, augmente les moyens d’agir de l’établissement foncier départemental, permette de respecter le seuil minimal fixé par la loi SRU de 20% de logements sociaux dans toutes les communes du département et de passer de 25 % à 40% de logements sociaux dans les Hauts-de-Seine à court terme. Les projets inscrits dans ces conventions seront financés par l’établissement public foncier territorialement compétent et la Région Ile de France.
Communiqué du groupe socialiste à l'issue de la séance
Lors de la séance publique du 12 mai 2006, la droite départementale a rejeté l’amendement socialiste qui donnait comme objectif prioritaire à l’établissement public foncier des Hauts-de-Seine le logement social. Le groupe socialiste a voté contre un tel établissement foncier et a soutenu l’établissement foncier régional.
La ville d’Antony, gérée par le bras droit de N. SARKOZY, P. DEVEDJIAN, illustre parfaitement ce refus du logement social. En effet, au cours de la même séance, une autre délibération adoptée par la majorité entraîne une diminution des logements sociaux à Antony qui en compte déjà moins de 20%.
Il faut absolument se mobiliser dans les quartiers et dans les municipalités afin de ne pas laisser la place aux manoeuvres d'apartheid social organisé par l'ANRU.
Nous en avons pour exemple un groupe d'habitant de HLM de la cité des Povinces françaises de Nanterre qui lutte depuis des mois pour que leur cité ne soit pas démantellée. Ils ont été confrontés très souvent à l'ANRU dont le but est bien la rénovation urbaine mais dans le seul but de changer le statut social de ces habitations et d'en chasser les occupants d'une manière plus soft que l'expulsion, a savoir par une augmentation des loyers.
Les pratiques de l'ANRU sont assez floues et le simple fait de réclamer des documents precis et techniques sur leurs projet, relève de l'exploit.
A ce propos, les habitants concernes se réunissent ce soir Salle des Provinces Française (au sein de la cité) à partir de 20h30
Rédigé par: LDB | mercredi 17 mai 2006 à 12h11
Les habitants des Provinces françaises sont très attachés à leur quartier et certains refusent cette opération. Je ne connais pas suffisamment le dossier pour vous dire ce qui motive la municipalité. En revanche, je suis obligée de constater que sans les villes communistes peu de personnes à revenus modestes voire moyens pourraient habiter dans notre département.
Si N. Sarkozy peut se prévaloir de 25 % de logements sociaux dans les Hauts-de-Seine c'est grâce à elles. Par ailleurs, autant les constructions peuvent être opérées avant démolition dans les villes où il reste des terrains (comme à Gennevilliers) autant c'est plus difficile ailleurs. Ceci dit, les opérations de l'ANRU menées avec nos impôts conduisent le plus souvent à une réduction de la part du logement social alors que nous sommes en pleine crise du logement. La droite continue à créer de la ségrégation urbaine sans souci d'affaiblir encore plus le lien social et d'aggraver les tensions.
Rédigé par: Nadine Jeanne | jeudi 18 mai 2006 à 17h05