Evasion poétique : Grabuge on parle de Char, viens...
Grabuge on parle de Char, viens... Ainsi commence un article sur René Char (1907-1988)... Ainsi commence un blog consacré aux auteurs qui "font les textes de fracture".
Char est comme [Gracq] l'homme de la liberté et de la solitude, mais d'une solitude un peu apprivoisée ; il est aussi l'homme de l'approfondissement. Il creuse aussi droit qu'il peut, aussi loin qu'il a la force.
Autrefois, à Pernes, il se faisait des "concours de sillons". Un vaste champ était offert à ce jeu de laboureurs. Ils arrivaient avec leur brabant, leur meilleure bête – on disait plutôt bête que cheval – et leur bon fouet tressé. La palme revenait à qui avait su tracer le sillon rectiligne le plus parfait sur la distance fixée – et elle était longue ! Char est de cette Provence où les paysans, par amusement, par délassement, se livraient à ces jeux de force et d'habileté. (...)
Char laboure. Il va droit, pesant de tout son poids sur les mancherons de sa charrue, pour faire rouler de chaque côté des versoirs luisants une terre vivante, grasse, riche et dont chaque motte révèle ce que cachent les herbes folles et les fleurs dont d'autres composent leurs bouquets. (Souvenirs désordonnés de José Corti)
Un blog à suivre et un auteur à creuser...
Photo : René Char (Chants de la Balandrane)
Merci de votre visite et de votre "promo" bien que chez ces auteurs ce mot soit bien l'étranger.
Rédigé par: martingrall | vendredi 13 juillet 2007 at 23h10